Concevoir un questionnaire

Quelques règles élémentaires

Le questionnaire est l’outil de recueil de l’information. Il est fondamental et il n’y a pas de recette miracle pour faire un « bon questionnaire ». Il faut du temps, de l’expérience et des essais successifs. Ceci étant, voici quelques règles de bon sens qui pourront vous aider.
– Un questionnaire doit être structuré, bien rédigé, bien présenté, introduit par une phrase sympathique et administré par des enquêteurs formés, s’il n’est pas auto administré.
– Les questions sont de préférence regroupées par thème et celles qui concernent l’identification et de classification Catégorie Socio Professionnelles etc. figurent généralement en fin de questionnaire.
– L’emploi de questions complexes, techniques, indiscrètes ou qui emploient un vocabulaire non usuel est à éviter.
– La longueur du questionnaire et des questions est à surveiller, tout comme la surestimation de la mémoire et de l’attention des répondants.
– Le saut d’étape, rédiger le questionnaire sans lister les infos à recueillir, est fatal. Commencer par le vif du sujet sans progression est généralement nuisible.
– Poser trop de questions superflues au lieu de recouper les points cruciaux est dommageable.
– Les questions ouvertes ont un coût de revient plus élevés, n’en abusez pas.

Vous mesurez uniquement des réponses à des questions pour quantifier, ne l’oubliez pas. Aussi ne posez pas de questions sans savoir ce que vous voulez faire de la réponse, il ne s’agit pas de psychanalyse, mais juste d’opinions.

La patience et la langue

L’objectif du questionnaire est d’obtenir une information simple et précise. Votre maîtrise de la langue et votre capacité d’adaptation aux conditions d’administration et aux interviewés seront donc les seuls éléments vraiment décisifs. Bien entendu, les maladresses sont faciles à détecter sur des exemples d’école du type Ne mangez vous pas trop souvent des pâtes trop cuites ? Souvent n’est pas une fréquence, trop cuites n’est pas la même chose pour tout le monde et la double négation comme l’ensemble de la formulation perturbent largement la compréhension de la question. Mais en réalité les questions aussi mal formulées sont rares. Les biais (sources d’erreurs) sont bien plus souvent dus au déroulement dans de mauvaises conditions avec de mauvais enquêteurs ou à un manque de cohérence de l’ensemble du questionnaire qu’à une question abominablement mal rédigée. Les logiciels d’enquête type Ethnos et Sphinx permettent de traiter les enquêtes mais apportent également une assistance à la conception. Nous ne sommes pas nécessairement enthousiasmés par les modalités toutes prêtes et les formulations proposées, mais cela vous aidera malgré tout pour débuter.

Les variables dites correctrices sont des questions pour lesquelles vous connaissez déjà la répartition des réponses au sein de votre échantillon. Elles vous permettent de corriger la composition de l’échantillon. Par exemple, si vous devez avoir 15% des interrogés qui disent être cadres dans votre échantillon final et que vous en avez 18%, il faudra donner plus de poids aux autres individus ou en retirer de votre échantillon.

Les questions de bases

Les outils standards du quantitatif

Comme vous l’aurez compris, la rédaction d’un questionnaire n’est pas un exercice littéraire. Il est quasiment impossible de produire un questionnaire de qualité sur un coin de table dans le cadre d’un devoir par exemple. Il vous faudra des allers retours, des avis extérieurs et des essais auprès d’individus de votre population mère. Pour vous guider dans la récolte d’information, voici les principaux types de questions qui sont utilisées dans la construction des questionnaires quantitatifs.

 Des questions ouvertes avec pré ou post codage : vous interrogez par exemple des individus sur les différents sodas qu’ils connaissent et vous voulez avoir une réponse spontanée. Vous devez laisser la question ouverte, en demandant simplement de vous citer des marques de sodas sans proposer les marques. Pour faciliter le travail de l’enquêteur et la saisie des réponses, sachant qu’une dizaine de marques seulement vont pouvoir être citées, il aura la liste qu’il ne montrera pas à la personne interrogée et il cochera directement les marques citées (pré codage). Si vous ne savez pas quelles marques peuvent être citées, il faudra que l’enquêteur note les réponses, et lors du dépouillement du questionnaire, les modalités correspondant aux différentes marques seront créées.
 Des questions fermées à réponse unique ou multiple,
 Oui, plusieurs fois par jour  Une fois par jour,  Une à deux fois par semaine
 Des questions filtres pour gagner du temps, imaginons par exemple une enquête concernant à la fois des fumeurs et d’anciens fumeurs.
 Vous fumez toujours ? (si non passer à la 20). Très utile surtout si les questions qui suivent concernent le nombre et la marque de cigarettes…
 Des questions à réponse numérique, donnez un prix, une taille etc. Les données seront directement traitées pour faire des par exemple des moyennes.
Des questions avec échelle qui vont permettre d’ajouter une mesure de l’intensité de l’opinion. Les deux plus connues étant celles de :
 Likert : très, assez, moyen, pas assez, pas du tout.
 Osgood : froid {zyxwvu chaud
 Des questions avec classement : numérotez par ordre de préférence les marques suivantes, etc.

Les variables et les modalités

Ci-contre, une illustration de la notion de variable (l’élements qui fait sens) et de modalité (les propositions de réponses).